Syndrome d'utopie

10 décembre 2015


Bientôt un an que nous avons quitté notre petite maison, alors en ce moment je me replonge dans cette année 2014 riche en changements.

C’était un premier achat en mauvais état, que nous avions décidé de retaper pour le revendre afin de construire « un jour » la maison de nos rêves. Nous sommes restés 4 ans dedans. Nous aurions pu y rester même plus longtemps, car nous avons eu le projet d’y faire un étage… Parce que nous avons eu le projet de faire un bébé. C’était le plus simple, le moins long, pour accueillir ce second enfant, travaux terminés, cette fois. Tout serait parfait.

Mais quand les choses ne se passent pas comme on le souhaite, c’est peut-être que nous sommes tout simplement sur le mauvais chemin.

Le projet était accepté, le budget aussi… et puis le permis fut annulé. Bien sûr, au début nous avons eu beaucoup de colère envers ce voisinage de mauvaise foi. Parce qu’au delà d’empêcher notre maison de s’agrandir, c’était surtout notre famille qu’ils empêchaient « d’agrandir ». Recevoir 98 lettres recommandées, à signer une à une en gardant la tête haute, face aux regards fuyants des voisins, c’était comme autant de coup de poignards dans le cœur du couple qui veut juste avoir un bébé.

Et puis on prend du recul, beaucoup. Et on réalise que finalement, rien ne nous empêche de l’avoir cet enfant, et de l’avoir maintenant même. Parce que le bâton « qu’on » nous se met dans les roues, il suffit de l’enlever pour continuer notre route, en ré-adaptant l’itinéraire, non ?

Voir la vie avec  beaucoup plus de recul, et beaucoup moins d’égo, c’est vivre heureux.

Ce « stop » nous a fait réaliser que nous étions sur le mauvais chemin. Nous avons donc changé de direction, et tout est allé alors très vite. Nous avons tout de suite trouvé le terrain inespéré, la maison s’est vendue en une semaine, et à la fin de l’été le permis était déposé.

Et, devinez quoi ? Dans cette voiture, il y avait déjà un nouveau petit passager, tranquillement installé…

Je terminerai ce long post avec cette citation pleine de sens :

« En nous efforçant d’atteindre l’inaccessible, nous rendons impossible ce qui serait réalisable. » Robert Ardrey

…Ou quand le syndrome d’utopie nous plonge dans le brouillard et nous dévie de l’essentiel !